Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/81

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compagnons sans intérêt. Aussi voyageait-il à pied, le long des rives molles et herbues, si étroites, que la route longeait parfois le pied des falaises multicolores, où commençait exactement l’infini montueux du Désert.

Cette mince bande de terre vivante entre deux mornes solitudes, cette voie de champs d’or et d’herbes splendides, fendue jusqu’aux deux horizons par la lumière verte du Nil, retentissait de cris d’oiseaux, stridents et pressés, dans l’air, sur le fleuve, sous les herbes hautes, fourmillant aux branches nues des baobabs obèses, comme d’étourdissantes cigales, perpétuellement.

Des autruches et des girafes arpègeaient au loin les prairies ; des troupeaux d’antilopes fuyaient comme des nuages blonds ; les singes se suspendaient en grappes fantastiques aux