Page:Louÿs - Les aventures du roi Pausole, 1901.djvu/153

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


moi-même nous mènerons l’enquête à l’intérieur du village. Vous, seigneur, veuillez retourner en arrière, sonder les chemins et les bois, humer le vent, scruter l’horizon, gratter le sable ; ça ne nous regarde plus. Souvenez-vous seulement que le Roi dîne à huit heures. Huit heures pour le quart, monsieur le Grand-Eunuque.

— Je n’ai d’ordres à recevoir que de mon souverain.

— Qui suis-je, dit le page humblement, sinon sa volonté, sa walküre, seigneur Taxis ? C’est lui qui vous parle par mes lèvres.

— Je ne m’en mêle pas, fit Pausole. J’approuve en principe. Allez-vous-en, Taxis, puisque c’est l’avis donné par mon conseiller de jour. Il vous sera loisible d’exprimer votre sentiment dès que minuit aura sonné. D’ici là, point de discussions. Le système n’a pas d’autre but que d’éviter les froissements. Prouvez-moi qu’il est bien conçu.

Taxis jeta un regard furibond sur le zèbre et son cavalier. Puis il empoigna d’une main trépidante les rênes du chaste Kosmon, conduisit la bête jusqu’au talus, grimpa sur la plus haute motte, exécuta non sans effort ce que Mirabelle eût appelé dans son jargon chorégraphique des « bat-