Page:Lucien - Œuvres complètes, trad. Talbot, tome I, 1866.djvu/555

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DE L’ASTROLOGIE.

vations, ils en découvrirent la cause, à savoir que la lune ne brille pas de sa propre lumière, mais de celle qui lui vient du soleil.

4. Ils trouvèrent aussi la marche des autres astres, que nous nommons planètes, parce que ce sont tes seuls qui se meuvent, leur nature, leur puissance, les effets que produit chacun d’eux, et leur donnèrent des noms, insignifiants en apparence, mais correspondant à leur valeur naturelle.

5. Voilà ce que les Éthiopiens aperçurent dans le ciel. Ils communiquèrent aux Égyptiens, leurs voisins, cette science encore imparfaite. Les Égyptiens, après avoir reçu d’eux l’art de la divination à peine ébauché, le développèrent, firent connaître la mesure du mouvement de chaque astre, et réglèrent par le calcul l’ordre des années, des mois et des heures. La mesure des mois fut la lune et sa révolution, celle de l’année fut le soleil et sa marche circulaire.

6. Ils portèrent beaucoup plus loin leurs découvertes. Embrassant l’espace tout entier, avec les astres fixes, stationnaires et immobiles, ils le divisèrent en douze parties où les autres opérèrent leurs mouvements, et à chacune desquelles ils assignèrent des animaux représentés sous une forme différente, poissons, hommes, bêtes sauvages, oiseaux, animaux domestiques.

7. C’est de là que prit naissance cette foule de divinités adorées en Égypte, car tous les Égyptiens n’employaient pas les douze divisions pour l’art divinatoire ; mais les uns employaient une constellation, et les autres une autre. Ceux qui jadis consultaient le Bélier adorent un bélier ; ceux qui tiraient leurs présages des Poissons ne mangent pas de poisson ; on ne tue pas de bouc chez ceux qui observaient le Capricorne, et ainsi de suite, selon l’astre dont on respectait le pouvoir. S’ils adorent un taureau, c’est certainement pour honorer le Taureau céleste ; cet Apis, qui est pour eux un objet sacré, qui paît en liberté dans leur pays et pour lequel ils ont fondé un oracle, est le symbole astrologique du taureau qui brille au ciel.

8. Peu de temps après, les habitants de la Libye s’adonnèrent à la même science, et l’oracle d’Ammon, établi chez les Libyens, se rattache également au ciel et à la sagesse qui en émane ; c’est aussi pour cela qu’ils représentent Ammon sous la figure d’un bélier.

9. Les Babyloniens, à leur tour, furent initiés à ces phénomènes : ils prétendent même les avoir connus avant les autres ; pour moi, je pense que cette science n’est parvenue chez eux que beaucoup plus tard.