Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/61

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les deux nuits précédentes, l'écartelèrent cette fois, le hachèrent menu comme chair à pâtée, puis le firent cuire et ravalèrent jusqu’au dernier morceau, même les os.

Au chant du coq, ils partirent encore en disant :

— Ce doit être fait de lui pour le coup, et quand il serait sorcier ! s’il revient encore, nous n’avons plus aucun pouvoir sur lui. Mais comment pourrait-il revenir ?

Dès qu’ils furent partis, la princesse parut encore : et cette fois, elle était complète, des pieds à la tête. Elle se mit à chercher partout dans la chambre quelque morceau de Jean, si minime fut-il. Elle finit par découvrir l’ongle de son petit orteil. — Et la voilà de le frotter avec son onguent ! Elle frotta tant et tant, qu’elle le rappela à la vie, pour la troisième fois.

— Victoire ! cria-t-elle alors ; nous sommes sauvés les diables n’ont plus aucun pouvoir sur nous ; tout ce qui est ici vous appartient, ô prince courageux, jusqu’à moi-même !

Et en même temps on vit surgir de tous les côtés une foule de personnages de toute condition, qui venaient remercier leur libérateur, puis, s’en allaient dans toutes les directions, pour retourner dans leur pays.

Quant à Jean et à la princesse, ils se marièrent et restèrent dans le château, qui leur appartenait à présent.

Mais puisque les voilà tranquilles et heureux, reve-