Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/65

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ne pouvait rien contre ce prince, parce qu’il avait un protecteur plus puissant que toutes les sorcières du monde, qui était Dieu lui-même.

La méchante faillit mourir de rage, en apprenant que son frère et sa femme occupaient le trône d’où elle avait été chassée. Elle prit sur le champ la route de Paris, Elle consulta, chemin faisant, une autre sorcière, qui lui dit qu’il fallait disposer sous le lit du roi son frère une roue garnie de rasoirs, de telle manière que la reine et lui y tombassent et fussent mis en morceaux menus comme chair à pâtée.

Elle arriva à Paris et faillit être lapidée par le peuple. Mais son frère, toujours bon, la protégea contre la fureur populaire, et la reçut, comme devant, dans son palais. Pour lui en témoigner sa reconnaissance, elle fit établir sous son lit la roue garnie de rasoirs, comme le lui avait recommandé la sorcière, et le roi et la reine tombèrent dessus et leurs corps furent réduits eu morceaux menus comme chair à pâtée. — On en rassembla avec soin tous les fragments, on les mit dans un même cercueil, et tout le peuple les accompagna jusqu’au bord du tombeau où ils furent descendus. Brise-Fer et Sans-Pareil marchaient devant le convoi, tristes et la tête baissée. Dans la nuit qui suivit, ils retournèrent au cimetière, déterrèrent le cercueil, l’ouvrirent, et le roi et la reine en sortirent aussitôt, vivants et bien portants. Les deux chiens dirent alors au roi :

— Nous sommes ton père et ta mère, envoyés par Dieu, sous cette forme, pour te protéger contre la