Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/85

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— Jésus-Maria ! dit la vieille, comment cette vache est-elle venue ici ?

— Par la grâce de Dieu, grand’mère.

— Que la bénédiction de Dieu soit sur vous, mes bons seigneurs ! Je prierai pour vous, matin et soir.

Puis ils se remirent tous les trois en route.

La vieille, restée seule, ne se lassait pas de contempler sa vache ; — La belle vache ! disait-elle, et comme elle a du lait ! Mais comment est-elle venue aussi ? En frappant un coup avec mon bâton sur la pierre du foyer ! Le bâton m’est resté ; la pierre du foyer est toujours là. Si j’avais une autre vache comme celle-ci ! Peut-être, pour cela, me suffira-t-il de frapper, avec mon bâton, sur la pierre du foyer ?

Et elle frappa avec son bâton sur la pierre du foyer ; et aussitôt il s’en élança un loup énorme qui étrangla la vache sur la place !

Et la vieille dehors, et de courir après les trois voyageurs, en criant : — Seigneurs ! seigneurs ! — Comme ils n’étaient pas encore loin, ils l’entendirent et s’arrêtèrent pour l’attendre.

— Qu’est-il donc arrivé, grand’mère ? lui dit notre Sauveur.

— Hélas ! à peine étiez-vous sortis, qu’un loup est arrivé dans la maison, qui a étranglé ma vache mouchetée !

— C’est que vous l’avez appelé vous-même, grand’mère. Retournez à la maison, et vous retrouverez votre vache en vie et bien portante. Mais soyez plus sage à l’avenir et n’essayez pas de faire ce que Dieu seul peut faire.