Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/95

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vait dans le jardin ; quand il en sortirait du sang, alors il serait mort ; mais jusqu’alors, il n’aurait pas à être inquiet sur son sort. —

Il partit, emmenant son cheval et son chien. Il marcha tant et tant qu’il arriva, un jour, dans une longue avenue de vieux chênes. Il suivit cette avenue et, à l’extrémité, il se trouva devant un beau château. Il frappa à la porte : on lui ouvrit, et il demanda au portier si l’on n'avait pas besoin d'un domestique dans le château. On le prit comme valet d’écurie. Comme il était laborieux, adroit, et un beau garçon aussi, il plut, vite, au seigneur ; et son cheval et son chien lui plaisaient aussi. Mais s’il plaisait au seigneur, il plaisait davantage encore à sa fille, une jeune demoiselle d’une grande beauté. Enfin, il lui plut si bien, qu’ils se marièrent ensemble, au bout d’un an.

Les deux jeunes époux vivaient heureux, se promenant tous les jours dans les jardins et les bois qui entouraient le château. Un jour, le fils du pêcheur remarqua que les fenêtres et les portes d’un côté du château étaient toujours fermées. Il en demanda la raison à sa femme.

— C’est que, répondit-elle, il y a de ce côté du château une cour qui est remplie de bêtes venimeuses, couleuvres, crapauds, salamandres et autres reptiles. —

A partir de ce moment, il ne faisait que songer à cette cour, et il avait une grande envie d’aller voir si ce qu’on lui en avait dit était vrai. Un jour, qu’il se promenait de ce côté du hâteau, avec son cheval et son chien (sa femme ne l’accompagnait pas ce jour-là), —