Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/127

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Laisse-moi donc tranquille avec les chrétiens, lui dit la vieille, et mange des crêpes ou va te coucher, si ton ventre est plein.

— Oui, bonne petite mère, dit-il, radouci, je suis fatigué et je vais me coucher.

Il se mit au lit, et, un instant après, il ronflait. La vieille s’approcha de lui et lui arracha un poil de sa barbe d’or. Il se gratta le menton, mais ne s’éveilla pas. Un moment après, la vieille lui arracha un second poil, puis un troisième. Il s’éveilla enfin et sauta hors du lit en disant :

— Je ne puis pas dormir dans ce lit, mère, il y a trop de puces ; je vais coucher à l’écurie.

— Vas à l’écurie, si tu veux, mon fils ; demain, je te mettrai des draps frais.

Et il sortit pour se rendre à l’écurie.

— Arrive ici, vite, à présent ! dit la vieille à Charles.

Et, lui présentant les trois poils qu’elle venait d’arracher au menton de son fils :

— Voici trois poils de la barbe d’or du Diable. Emporte-les vite, et vas épouser la fille du roi de France.

Charles prit les trois poils, remercia et partit promptement. Quand il arriva au palais du roi de France, la reine et sa fille étaient à se promener dans le jar-