Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/176

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— Je ne sais pas.

— Quel est ton nom ?

— Je ne sais pas, répondit-il toujours.

Le marquis dit à son domestique de le prendre en croupe sur son cheval, et ils continuèrent leur route vers Coat-Squiriou.

L’enfant fut appelé N’oun Doaré, ce qui signifie en breton : Je ne sais pas.

On l’envoya à l’école, à Carhaix, et il apprenait tout ce qu’on lui enseignait.

Quand il eut vingt ans, le marquis lui dit :

— Te voilà assez instruit, à présent, et tu vas venir avec moi à Coat-Squiriou.

Et il l’emmena à Coat-Squiriou.

Le quinze du mois d’octobre, le marquis et Noun-Doaré allèrent ensemble à la Foire-Haute, à Morlaix, et descendirent dans le meilleur hôtel de la ville.

— Je suis content de toi, et je veux t’acheter une bonne épée, dit le marquis au jeune homme.

Et ils allèrent ensemble chez un armurier. N’ouu-Doaré y examina mainte belle et bonne épée ; mais, aucune ne lui plaisait, et ils s’en allèrent sans avoir rien acheté. En passant devant la boutique d’un marchand de vieilles ferrailles, N’oun-Doaré s’y arrêta, et, remarquant une vieille épée toute rouillée, il la saisit et s’écria :