Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/342

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ment [1]. Et elle se disait : — Je ne sais vraiment comment faire pour enlever ces taches ; j’ai beau les frotter avec du savon, les battre avec mon battoir, elles n’en paraissent que plus rouges !

La jeune femme, entendant cela, alla vers la lavandière et lui dit :

— Confiez-moi un instant cette chemise, je prie, et j’enlèverai les taches de sang.

On lui donna la chemise ; elle cracha sur les trois taches, trempa la chemise dans l’eau, frotta un peu, et aussitôt les tache disparurent complètement.

Elle avait reconnu la chemise de son mari.

Elle interrogea alors les lavandières, et celles-ci lui apprirent qu’elles étaient les servantes du château voisin, et que le seigneur devait se marier, le lendemain même, à une princesse d’une beauté merveilleuse. Comme la nuit approchait, les lavandières, pour reconnaître le service qu’elle leur avait rendu, lui proposèrent de loger au château, — ce qu’elle se garda bien de refuser. s, la pauvre femme ne dormit pas de toute la nuit, en songeant que son mari allait se rema-

  1. Il va évidemment une lacune dans le conte, au sujet de ces taches de sang, dont on peut voir l’explication dans le conte précédent et dans celui qui suit.