Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/408

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les bords d’un étang, dans lequel ils verront un homme prés de se noyer, et appelant au secours ; malheur à lui encore, s’ils veulent porter secours à cet homme, car aussitôt ils seront encore transformés en statues de marbre, et ils viendront se chauffer chez nous. Voilà les épreuves qu’il aura à subir avant d’arriver a Paris. Et comment voulez-vous qu’il s’en tire ? Cela ne serait possible que si quelqu’un lui rapportait ce que je viens de vous dire, et aucun de vous ne sera assez sot pour cela ; d’un autre côté, personne ne peut entendre nos conversations, ici ; et quand bien même elles pourraient être entendues de quelqu’un, si celui-là rapportait au prince, avant un an et un jour, ce que je viens de dire, il serait immédiatement changé lui-même en statue de marbre, et il viendrait se chauffer chez nous.

Le jour commençait à poindre, et les personnages qui étaient sur l’arbre partirent, ou plutôt s’envolèrent.

Le valet, couché sous l’arbre, avait tout entendu. 11 réveilla son maître, mais ne lui dit rien, attela les chevaux, et ils se remirent en route. A peine furent-ils sortis du bois, que douze voleurs, sortant d’une douve, se précipitèrent sur eux et arrêtèrent les chevaux, en criant : « La bourse ou la vie ! » Ils forcèrent le prince et la princesse à sortir du carrosse, les dépouillèrent de