Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/445

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encombre dans le pays de Iouenn, et s’en retournèrent aussitôt, ramenant la princesse et son enfant.

Un des deux ministres du roi aimait la princesse, depuis longtemps, et, pendant la traversée, il recherchait sa société et voyait son mari d’un mauvais œil. Si bien que la princesse craignit qu’il ne méditât quelque trahison contre Iouenn, et pria celui-ci de rester avec elle, dans sa chambre, et d’aller moins souvent sur le pont du navire. Mais Iouenn aimait à être sur le pont et même à aider lui-même les matelots, dans leurs manœuvres, et sa femme ne pouvait le retenir auprès d’elle. Voyant cela, elle lui mit sa chaîne d’or au cou. Une nuit qu’il était appuyé sur le bord du navire, regardant la mer, qui était calme et belle, le ministre qui poursuivait sa femme s’approcha de lui, tout doucement, le prit par les pieds et le précipita dans la mer, la tête la première. Personne ne le vit faire le coup. Peu après, il cria : — Le capitaine est tombé à la mer !… On envoya des hommes avec des embarcations à sa recherche, mais, c’était trop tard, et ou ne le retrouva pas. Alors, le traître se rendit auprès de la princesse et lui dit que son mari avait été jeté à la mer par un coup de vent et qu’il était noyé. La pauvre femme fut désolée, à la pensée que son mari était mort ; mais, heureu-