Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/45

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Non, votre sœur, qui a contribué à me délivrer, comme vous, viendra, à présent, avec moi au paradis, et vous-même, vous nous y rejoindrez, sans tarder. Mais, il faut qu’auparavant vous retourniez à la maison, pour raconter à votre père et à votre mère et à votre frère tout ce que vous avez vu et entendu ici. Voici une lettre que-vous leur remettrez, pour leur dire qu’ils ne soient pas inquiets au sujet de leur fille et sœur, car elle se rend avec moi au paradis, et si elle n’avait pas été ma femme, elle aurait été la femme du diable !

Le prince retourna, alors, à la maison et donna la lettre à lire à son père et à sa mère, et leur raconta tout ce qu’il avait vu et entendu durant son voyage. Il mourut, peu après, comme il lui avait été annoncé, et il alla rejoindre sa sœur et son beau—frère, là où ils étaient, pour rester avec eux à jamais (1).


(1) Conté par Marie-Yvonne Stéphan, servante à Pluzunet (Côtes-du-Nord). 1872.

Les éléments chrétiens mêlés à ce conte d’origine païenne doivent être une altération relativement moderne d’une fable très ancienne.

Il faut aussi remarquer, et c’est sans doute encore une altération, que, contrairement à ce que l’on voit d’ordinaire, c’est le fils ainé, et non le cadet, qui est le héros du conte.