Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/481

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le mit dans sa poché, et retourna, vite, au château du géant, par le même chemin que la première fois. Le géant était étendu sur son lit, très malade et presque agonisant. A chaque animal tué par le prince, il s’affaiblissait, à vue d’œil, comme si on lui eût coupé un membre. La princesse était auprès de son lit. Le prince entra dans la chambre, sous sa forme naturelle, tenant l’œuf à la main et le montrant au monstre. Celui-ci fit un effort suprême pour s’élancer sur lui ; mais, hélas ! ses forces le trahirent. Alors, le prince lui lança l’œuf au milieu du front, où il se brisa, et il expira à l’instant même. Et aussitôt les chaînes d’air, qui retenaient le château en l’air, se rompirent, avec un bruit épouvantable, et tout s’engloutit au fond de la mer !

Le prince et la princesse étaient déjà montés dans le carrosse du géant, qui voyageait à travers l’air, et ils furent rendus en peu de temps au palais du roi de France. Grande y fut la joie de tout le monde de les revoir, et ils se marièrent, quelques jours après, et il y eut, à cette occasion, des fêtes, des jeux et des festins, comme on n’en avait jamais vu de pareils, dans le pays.

Si j’en puis parler de la sorte, c’est que j’étais là moi-même, comme tournebroche. Mais, comme je mettais mon doigt dans toutes les sauces, un grand diable de maître cuisinier, qui me vit, me