Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/83

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— Toi, imbécile ! lui dirent ses frères, en haussant les épaules.

— Oui, moi, et je verrai ma sœur Yvonne, vous dis-je, en quelque lieu qu’elle soit.

On lui donna un vieux cheval fourbu, une vraie rosse, et il partit, seul.

Il suivit la même route que ses frères, se dirigeant toujours du côté du soleil levant, arriva aussi à la forêt et, à l’entrée de l’avenue du Château de Cristal, il rencontra une vieille femme qui lui demanda :

— Où allez-vous ainsi, mon enfant ?

— Au Château de Cristal, grand’mère, pour voir ma sœur.

— Eh bien ! mon enfant, n’allez pas par ce chemin-là, mais par celui-ci, jusqu’à ce que vous arriviez à une grande plaine ; alors, vous suivrez la lisière de cette plaine, jusqu’à ce que vous voyiez une route dont la terre est noire. Prenez cette route-là, et, quoi qu’il arrive, quoi que vous puissiez voir ou entendre, quand bien même le chemin serait plein de feu, ne vous effrayez de rien, marchez toujours droit devant vous, et vous arriverez au Château de Cristal, et vous verrez votre sœur.

— Merci, grand’mère, répondit Yvon, et il s’engagea dans le chemin que lui montra la vieille.