Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/130

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existe encore. Son nom et ses aventures sont toujours populaires, dans le pays, où il a laissé une réputation de magicien bien établie. Quoi qu’il en soit, je ne sais ce qu’il faut croire de ces prétentions historiques, ni de la science du docteur Coathalec ; c’était peut-être un gentilhomme un peu instruit, possédant quelques gros livres et qui en aura fait accroire facilement aux paysans grossiers et ignorants au milieu desquels il vivait, au point de passer à leurs yeux pour un grand magicien.

M. Ch. de Keranflech, dans une version incomplète qu’il a donnée de la même légende, dans la Revue de Bretagne et de Vendée, année 1857, page 447, parle d’un Yvon de Botloy, seigneur, au XVe et au XVIe siècle, de Coëthalec, en Kermaria-Sulard (arrondissement de Lannion), et de Kerméno-Bihan, en la trêve de la Chapelle-Neuve (canton de Belle-Ile-en-Terre), comme pouvant être le héros de notre conte ou plutôt de notre légende.

Le docteur Pen-ar-Stang lui-même habitait, à la même époque, le manoir de Pen-ar-Stang, dans une commune voisine, celle de Plougonven (arrondissement de Morlaix), et devait être un de la Tour, peut-être un frère de François de la Tour, sinon lui-même, mort évêque de Tréguier, en 1593, en son manoir de Pen-ar-Stang, après une vie peu exemplaire, pour un prélat breton, s’il en faut croire les nombreuses chansons populaires qui se chantent encore dans le pays. On en peut voir deux versions dans mes Gwerziou Breiz-Izel, t. Ier, pp. 425 et 431.

Voir encore, pour l’épisode final, celui de la résurrection, le conte breton de Coadalan, que j’ai publié dans la Revue Celtique, t. 1er (1770-72), p. 106, avec des commentaires et des rapprochements intéressants par M. Reinhold Kœhler.