Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/133

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I


LE BOSSU ET SES DEUX FRÈRES
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IL était une fois un roi qui avait trois fils, dont deux étaient de beaux garçons, de belle prestance, et le troisième était bossu et se nommait Alain [1]. Celui-ci n’était pas aimé de son père, qui l’avait relégué à la cuisine avec les marmitons, pendant que les deux aînés mangeaient avec lui à sa table et l’accompagnaient partout.

Un jour, le vieux roi fit venir ses trois fils et leur parla ainsi :

— Voici que je me fais vieux, mes enfants, et je veux passer le reste des jours que j’ai à vivre

  1. Les frères, dans nos contes populaires, sont ordinairement au nombre de trois ; souvent aussi ils sont plus nombreux, et il s’y mêle parfois une sœur. C’est toujours le cadet, ou le bossu, qui mène à bonne fin les entreprises où ses aînés ont échoué.