Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/147

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mains, prirent part aux réjouissances et aux festins qui eurent lieu, pendant huit jours entiers, et fraternisèrent, le verre en main.

Le roi d’Espagne avait deux autres fils, qui étaient aussi mariés : l’un à la fille du roi de Portugal, et l’autre à la fille du roi de Turquie. Leur père les appela un jour tous les trois auprès de lui et leur dit que son intention était de céder sa couronne à son fils aîné et de finir ses jours dans le repos et la tranquillité.

— Je pense, mon père, lui dit le puîné, qu’il serait plus juste de céder votre couronne à celui de nous qui accomplira le plus bel exploit, car nous sommes tous les trois vos enfants, au même titre.

— Eh bien ! répondit le vieux monarque, je vais vous mettre à l’épreuve : ma couronne sera à celui qui m’apportera la plus belle pièce de toile.

— C’est cela, répondirent les trois frères.

Et ils s’en retournèrent chacun chez soi, pour faire part à leurs femmes de la volonté de leur père.

Quand le cadet, le mari de la souris, arriva chez lui, sa femme l’attendait au soleil, sur une des fenêtres du palais, et chantait de sa voix la plus mélodieuse.

— Assez de musique comme cela ! lui dit-il,