Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/207

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Comment, pour peu de chose ! Vous ne voyez donc pas que, si nous les laissions faire, ces maudites bêtes mangeraient et le blé et la farine, et nous réduiraient A mourir de faim ?

— Eh bien ! voici un petit animal (et il leur montrait son chat) qui, à lui seul, en moins d’une heure, ferait plus de besogne que vous quatre, en une année ; il vous aura bien vite délivrés de vos souris.

— Ce petit animal-là ? Vous plaisantez, sans doute ; il n’a pas l’air méchant du tout. Comment l’appelez-vous ? (En ce pays-là on n’avait jamais vu de chat.)

— Il se nomme Monseigneur le Chat. Voulez-vous le voir travailler ?

— Oui, voyons un peu ce qu’il sait faire,

Yvon lâcha son chat, qui avait faim. Les souris, qui n’avaient pas peur de lui, n’ayant jamais vu de chat, ne se hâtèrent pas de courir à leurs trous, et il en fit un massacre effrayant. Les quatre hommes le regardaient faire, tout étonnés, et, en moins d’une heure, toute l’aire du moulin fut jonchée de souris mortes. Il y en avait des monceaux de tous côtés. Les hommes aux bâtons et le meunier n’en revenaient pas de leur étonnement. Un d’eux courut au château et dit au seigneur :

— Hâtez-vous de venir au moulin, Monsei-