Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/224

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on lui a dit que la princesse de Hongrie, seule, possède un remède contre son mal. Tes deux frères aînés sont partis, l’un après l’autre, à la recherche de ce remède, mais, aucun d’eux n’est allé jusqu’en Hongrie. Tu sauras, plus tard, où ils sont, car ils vivent encore. Tu ne sais quel chemin tu dois prendre, au sortir de ce carrefour ; suis-moi et je te conduirai jusqu’au château de la reine de Hongrie. Obéis-moi et fais exactement tout ce que je te dirai, et tu réussiras dans ton entreprise.

Et le renard marche ensuite dans la direction du soleil levant, et le prince le suit. Ils vont, ils vont, loin, toujours plus loin, et rien ne les arrête. Quand ils rencontrent de grandes landes ou des bois touffus et sans route tracée, le renard, avec sa queue, renverse les ajoncs et les broussailles, abat les arbres et trace un chemin praticable : quand ils rencontrent un bras de mer, un fleuve ou une rivière, le renard se jette à l’eau et nage, le prince lui prend la queue et ils abordent sans encombre à la rive opposée. Enfin, à force d’aller toujours droit devant eux, ils aperçoivent un jour, dans le lointain, un beau château.

— Tu vois là-haut, devant nous, un château où tu passeras la nuit, dit le renard au prince, et là on te dira ce que tu devras faire, pour te procurer le remède de la princesse de Hongrie. Tu