Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/226

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Elle était fort belle et lui plaisait beaucoup. Après le repas, ils jouèrent aux cartes, auprès du feu. Vers minuit, le prince témoigna le désir de se coucher. La princesse le conduisit à sa chambre, et, quand il fut dans son lit, elle le regarda tendrement et lui dit : — Comme vous êtes bien là, fils du roi de France, et que je vous trouve beau ! Je voudrais être couchée près de vous !

— Ne vous moquez pas de moi, princesse, lui répondit le bossu, car je sais bien que je ne suis pas beau ; je suis fatigué et j’ai envie de dormir.

— Oui, vous me préférez sans doute ma sœur, avant de l’avoir vue.

Et elle s’en alla, d’assez mauvaise humeur, et en fermant bruyamment la porte.

Le prince dormit bien et se leva, le lendemain, avec le soleil. Il déjeûna avec la princesse, qui lui dit, au moment de partir :

— Comme je vous l’ai déjà dit, il y a cinq cents lieues d’ici au château de ma sœur puînée, et le chemin n’est pas facile. Mais, voici une boule d’or qui vous conduira ; vous n’aurez qu’à la suivre et vous arriverez sans encombre auprès de ma sœur.

— Merci ! princesse, dit le prince, et il partit. Quand il fut sorti de la cour, il posa sa boule à terre, et elle se mit à rouler d’elle-même et il la suivit. Ils vont, ils vont, toujours droit devant