Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/228

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duisit à sa chambre, et, quand il fut dans son lit, elle lui dit, en le regardant tendrement : — Que vous êtes beau, jeune fils du roi de France, et que je voudrais être là, à vos côtés !

— Ne vous moquez pas de moi, princesse, lui dit le bossu, car je sais bien que je ne suis pas beau, et laissez-moi dormir tranquille, car je suis fatigué.

— Oui, répondit-elle avec dépit, vous me préférez ma jeune sœur, qui est plus belle que moi.

Et elle s’en alla aussi, de mauvaise humeur, et en fermant la porte bruyamment.

Le lendemain matin, le prince était encore sur pied, aussitôt le lever du soleil. Il déjeûna avec la princesse, qui lui donna, comme sa sœur aînée, une boule d’or pour le conduire jusqu’au château de sa sœur cadette, celle qui possédait le remède.

Il arriva au château de la troisième princesse, après une marche longue et pénible. Celle-ci était plus belle encore que ses deux sœurs, belle comme un soleil printanier, et elle dit à la boule d’or de sa sœur, en la voyant arriver, et jusqu’à trois fois :

— Salut, boule d’or de ma sœur puînée, quelles nouvelles m’apportez-vous ?

Puis, se tournant vers le prince :

— Soyez-le bienvenu, fils cadet du roi de