Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/275

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son consentement, et le mariage fut célébré avec pompe et solennité.

Le jeune Morgan était rempli d’attentions et de prévenances pour sa femme. Il la nourrissait de petits poissons délicats, qu’il prenait lui-même, lui confectionnait des ornements de perles fines et recherchait pour elle de jolis coquillages nacrés, dorés, et les plantes et les fleurs marines les plus belles et les plus rares. Malgré tout cela, Mona voulait revenir sur la terre, auprès de son père et de sa mère, dans leur petite chaumière au bord de la mer.

Son mari ne voulait pas la laisser partir, car il craignait qu’elle ne revînt pas. Elle tomba alors dans une grande tristesse, et ne faisait que pleurer, nuit et jour. Le jeune Morgan lui dit un jour :

— Souris-moi un peu, ma douce, et je te conduirai jusqu’à la maison de ton père.

Mona sourit, et le Morgan, qui était aussi magicien, dit :

Pontrail, élève-toi.

Et aussitôt un beau pont de cristal parut, pour aller du fond de la mer jusqu’à la terre.

Quand le vieux Morgan vit cela, sentant que son fils en savait aussi long que lui, en fait de magie, il dit :

— Je veux aller aussi avec vous.

Ils s’engagèrent tous les trois sur le pont, Mona