Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/326

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— Non pas, mon père, dit la puînée, c’est moi qui partirai demain, et vous resterez à la maison avec mes sœurs.

Et la puînée partit aussi, le lendemain. Mais, elle n’alla pas plus loin que son aînée, et s’en retourna bientôt, tout effarée, en disant qu’elle aussi avait rencontré des brigands, qui avaient tiré sur elle et l’avaient poursuivie jusqu’à la porte du château.

C’était tout simplement son père, qui avait voulu l’éprouver, comme son aînée.

— A mon tour, à présent, dit la cadette, et je partirai aussi, demain matin.

— Ma pauvre enfant ! lui dit son père, tu vois ce qui est arrivé à tes sœurs.

— Peu importe, répondit-elle, je veux aussi essayer.

Et elle partit, en effet, le lendemain matin, pleine de courage et de résolution.

Son père alla aussi l’attendre au bord de la route et déchargea encore son fusil, quand il la vit venir. Mais, au lieu de s’en retourner, comme ses sœurs, elle éperonna son cheval et passa outre.

En arrivant à Paris, elle alla tout droit trouver le roi, et lui dit que son père, vieux et malade, ne pouvant se rendre à l’armée, y envoie son fils, à sa place.