Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/351

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V


LA FILLE QUI NAQUIT


AVEC UNE COULEUVRE AUTOUR DU COU
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IL y avait une fois deux époux, mariés depuis longtemps, déjà âgés, et qui n’avaient pas d’enfant, ce qui les rendait malheureux. Prières, pèlerinages au Folgoët, à Sainte-Anne-d’Auray et à d’autres places saintes, rien n’y faisait.

Un jour de printemps, en revenant d’un de ces pèlerinages, voyant dans les champs et les bois par où ils passaient des couvées de petits oiseaux, de crapauds, de couleuvres et de toutes sortes d’animaux créés par Dieu, ils ne purent s’empêcher de s’écrier :

— Jusqu’aux crapauds et aux couleuvres à qui Dieu donne des petits ! S’il nous accordait aussi un enfant, dit la femme, dût-il naître avec un crapaud ou une couleuvre, je serais contente !

Neuf mois après, elle donna le jour à une pe-