Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/37

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— Le magicien fait tous les jours le tour du monde, invisible dans le sein d’un tourbillon, et il enlève, partout où il passe, tout ce qui lui plaît, belles princesses, beaux princes, trésors, pour les amener dans son château ; aussi y a-t-il là des chambres remplies d’or, de perles, de diamants ; mais, vous n’y verrez qu’une seule princesse, car il n’en garde jamais plus d’une à la fois, et quand il voit qu’elle ne peut pas lui donner des enfants, il la mange et va en chercher une autre, qui a bientôt le même sort[1]. Pourtant, la fille du roi d’Espagne, qui est présentement dans le château, a si bien séduit le monstre, par sa beauté, qu’il l’épargne, depuis quelque temps ; mais, un de ces jours, en rentrant, il la dévorera, comme les autres, car elle aussi ne peut lui donner un enfant.

— Quel monstre ! Et vous pensez qu’il n’y a pas moyen de venir à bout de lui ?

— Je ne crois pas ; à moins pourtant d’être secondé par la princesse elle-même, qui, depuis qu’elle est dans le château, a pu lire les livres du magicien et connaît peut-être ses secrets. Vous êtes jeune et beau garçon, et vous pourrez peut-être lui plaire...

  1. C’est le contraire de Barbe-Bleue, avec lequel notre magicien a pourtant quelque ressemblance.