Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/377

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perdre de temps, dit-elle, car je suis très affaiblie par le sang que j’ai perdu. Heureusement que tu n’as plus rien à redouter de mon père, car nous voici enfin au terme de nos épreuves. Demain, il te dira de choisir celle qu’il te plaira de ses trois filles, pour en faire ta femme. Tu diras que c’est moi, Koantic, que tu veux avoir. Alors, mes deux sœurs s’écrieront : — « Nous ne voulons pas de cela ; nous demandons qu’on nous mette toutes les trois dans un sac, sous la forme de souris, puis il mettra la main dans le sac et il en retirera une, et celle-là sera sa femme. »

— « Eh bien ! qu’il soit fait ainsi, dira mon père. »

— Quand tu mettras la main dans le sac, deux souris s’y jetteront aussitôt ; mais, ne retire aucune d’elles du sac, car ce seront mes deux sœurs ; moi, je resterai tranquille, au fond du sac, et ainsi tu me reconnaîtras facilement.

Ils revinrent ensuite au château, et Koantic se mit au lit. Quand Barbauvert vit que Charles s’était encore tiré à son honneur de cette épreuve, il lui dit :

— Vous n’avez décidément pas votre pareil, au monde, et je veux vous avoir pour gendre. J’ai trois filles, laquelle voulez-vous ?