Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/400

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quelqu’un de ses enfants, pour avoir de l’argent à discrétion, disaient d’autres.

Cette dernière opinion prévalait même, généralement, et l’on regardait de travers le pêcheur, devenu riche si soudainement, et personne ne se souciait de faire société avec lui.

Cependant leur dernier enfant, Fanch, grandissait et venait à merveille. A l’âge de dix ans, on l’envoya aussi à l’école, à la ville, et il apprenait tout ce qu’il voulait. Quand il venait à la maison, en congé, son père et sa mère l’embrassaient tendrement, puis, ils pleuraient, parfois, en le regardant, et plus il avançait en âge, plus ils devenaient tristes et inquiets. C’est qu’ils songeaient à la menace de la Sirène.

Quand Fanch eut dix-huit ans, il cessa d’aller à l’école, et l’envie lui prit alors de voyager, pour voir du monde et du pays. Son père et sa mère ne s’y opposèrent pas, pourvu toutefois qu’il évitât de s’approcher de la mer.

— Eh bien ! répondit-il, j’irai du côté de la Cornouaille, et je continuerai d’aller jusqu’à ce que j’arrive à Paris.

On lui donna de l’argent et de l’or, autant qu’il en voulut, et un domestique pour l’accompagner, et ils partirent tous les deux, sur d’excellents chevaux.

— Surtout n’approche jamais de la mer, mon