Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/432

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serai plus seul, à présent, dans cet immense château, où je m’ennuie parfois. Assieds-toi là, en face de moi, et mange et bois.

Bihanic s’assit en face de l’Ogre et mangea et but, un peu rassuré. Quand il ne resta plus rien du bœuf, que les os, l’Ogre lui dit :

— A présent, je vais en voyage, pour la chasse aux hommes, et il se peut que je sois absent, quelque temps ; mais, ne t’en inquiète pas, car tu ne manqueras de rien, ici ; tu trouveras à boire et à manger, à discrétion, et le jardin est rempli de fruits délicieux de toute sorte. Je te laisse ma chienne pour te tenir compagnie. Voici encore, pour t’amuser, les clefs de tous les appartements du château. Il y en a soixante-dix, et elles sont toutes en diamant. Avec elles, tu pourras tout visiter et te promener partout. Il n’y a qu’une seule clef dont tu ne pourras trouver l’emploi.

L’Ogre partit alors.

Bihanic commença par s’assurer si ses frères étaient restés à l’attendre ; mais, ceux-ci, ne le voyant pas revenir, s’étaient dit, au bout de quelque temps : « Bihanic aura été, sûrement, mangé par l’Ogre qui habite dans ce château, » et ils s’en étaient allés.

Bihanic, muni de son trousseau de clefs, se mit à parcourir toutes les salles et les chambres du