Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/49

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hêne de plus de mille ans, que tu verras tout au bout de la grande avenue, en disant : « Par la vertu de ma baguette, vieux chêne, abats-toi ! » Et aussitôt le chêne tombera sur l’arbre le plus voisin et le renversera sur un autre, lequel tombera sur un autre, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout le bois soit par terre.

A midi, la magicienne ira voir où tu en seras de ta besogne, et quand elle verra tout son bois abattu, elle ne sera pas contente. Elle te dira : — Et les cuillères ? Il faut que tout ce bois soit façonné en cuillères, avant le coucher du soleil, ou il n’y a que la mort pour toi. Et elle s’en ira à-dessus. Aussitôt qu’elle sera partie, tu toucheras du bout de ta baguette le tronc du vieux chêne et diras : — Par la vertu de ma baguette, que tout ce bois se convertisse en cuillères. Et ce sera fait aussitôt que dit.

Le lendemain matin, la magicienne dit à Arzur, en lui présentant une cognée de bois :

— Prends cette cognée, et va m’abattre le bois qui entoure le château, et que pas un arbre ne reste debout. Tu feras aussi des cuillères avec le bois, tout le bois ; et il faut que tout cela soit terminé pour le coucher du soleil, ou il n’y a que la mort pour toi.

Arzur se rendit au bois, assez peu rassuré, malgré les paroles de sa sœur. Il trouva facile-