Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/94

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vient à la maison, comme il l’avait promis. Il est satisfait de la manière dont Congar s’est acquitté de son devoir, et il lui demande de rester une autre année à son service, et il doublera ses gages.

— Non, dit Congar, je veux retourner chez mon père.

— Mais songe donc que tu es ici à douze mille lieues de ton pays.

— Peu importe, je veux m’en retourner chez mon père.

— C’est bien, voilà les cinq cents écus de tes gages, puis, viens choisir un cheval, à l’écurie, pour t’en retourner chez toi.

Et ils se rendirent à l’écurie. Congar fit semblant d’hésiter un peu, puis, désignant la jument pommelé-bleu, il dit :

— Je choisis cette petite jument que voilà.

— Quoi, cette rosse ? Tu n’es vraiment pas connaisseur ; vois donc les beaux chevaux qui sont là à côtés.

— Non, cette petite jument me plaît, et je n’en veux pas d’autre.

— Ma malédiction sur toi ! Prends-la, mais je te rattraperai.

Congar emmène la petite jument pommelé-bleu et part.

Aussitôt sortis du château, la jument reprend sa forme première et devient une belle princesse.