Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/99

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pour l’abattre, le lendemain. Mais, le lendemain matin, le bœuf avait disparu de l’étable, et Ewenn Congar était de retour chez son père.

Pendant que durèrent les deux cents écus, le père et le fils menèrent encore joyeuse vie, et leurs amis en eurent aussi leur part.

Quand on en fut à la dernière pièce de six francs, le jeune homme dit encore à son père :

— Demain matin, mon père, vous irez à la foire de Bré, pour y vendre un cheval.

— Et où veux-tu que nous le prenions, ce cheval ?

— Ne vous inquiétez pas de cela ; il viendra d’où est venu le bœuf, et vous le trouverez, demain matin, à votre porte. Vous en demanderez trois cents écus, sans en rabattre un liard, et vous les aurez. Mais, comme pour le bœuf, ne laissez pas aller la bride avec le cheval ; rapportez-la à la maison, ou il vous en coûtera, et à moi aussi.

— C’est bien, répondit le bonhomme, je rapporterai la bride, puisque tu le veux, bien que ce ne soit pas dans les usages du pays.

Le lendemain matin donc, le père Congar se rendit à la foire de Bré [1], monté sur un beau cheval, dont il était tout fier.


  1. Bré est une montagne, prés de la ville de Guingamp, sur laquelle il se tient de belles foires de chevaux, de bœufs et de vaches.