Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/138

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III


LE CHAT ET LES DEUX SORCIÈRES
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IL y avait une fois une jeune fille sage et jolie, qui avait une marâtre, laquelle ne lui voulait aucun bien. Elle se nommait Annaïc. Son père l’aimait, mais sa femme faisait tout ce qu’elle pouvait pour l’amener à la détester aussi. Elle alla, un jour, trouver sa sœur, qui était sorcière, et lui demanda conseil pour se débarrasser d’Annaïc.

— Dis à son père, répondit la sorcière, qu’elle mène une vie scandaleuse, et il la renverra.

Mais, le père ne voulut rien croire de tout le mal qu’on lui disait de sa fille, et la marâtre retourna consulter sa sœur la sorcière.

— Eh bien ! lui dit celle-ci, voici un gâteau de ma façon, que vous ferez manger à la jeune fille ; dès qu’elle l’aura mangé, son ventre gonflera, comme celui d’une femme enceinte, et alors