Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/217

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La nuit suivante, ce fut le second fils, nommé Jean, qui voulut veiller, dans la chambre hantée.

Il lui arriva absolument comme à son aîné. Il s’endormit aussi, et n’entendit ni ne vit rien, bien que le vacarme allât encore bon train.

— C’est mon tour, dit alors le cadet, nommé Alanic.

Et, la nuit venue, il monta aussi à la chambre ; mais, il n’emporta pas de cidre et ne s’endormit point.

Vers minuit, comme il lisait tranquillement, près du feu, il lui sembla entendre marcher derrière lui. Il tourna la tête, et fut bien étonné de voir son père, comme quand il était en vie. Il eut d’abord peur, puis il s’enhardit et dit :

— C’est vous qui êtes là, mon père ?

— Oui, mon enfant, c’est moi, répondit-il tristement.

— Puis-je quelque chose pour vous, mon père ? Parlez, je suis prêt à vous servir, quoi que vous puissiez me demander.

— Hélas ! mon enfant, quand je vivais encore sur la terre, j'ai promis, étant malade sur mon lit, d’aller en pèlerinage à Saint-Jean-de-Galice, si je recouvrais la santé. Je guéris et n’allai point à Saint-Jacques-de-Galice, et maintenant, je suis dans le Purgatoire, et je n’en puis sortir, que