Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/241

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Prenez un fusil et allons tous les deux à la chasse.

Au moment où ils sortaient de la cour, ils entendirent, dans un chêne, au-dessus de leurs têtes : Coucou ! coucou !

— Comment ! dit Février, ici les coucous chantent donc, au mois de février ? Jamais je n’avais encore entendu pareille chose ; mais, je vais apprendre à cet oiseau à attendre son heure pour chanter.

Et il tira dans l’arbre, et aussitôt quelque chose, qui ne ressemblait pas à un coucou, dégringola de branche en branche, et tomba lourdement à ses pieds. C’était la châtelaine elle-même, qui était montée sur l’arbre, pour faire chanter le coucou.

— Malheur à toi ! cria le seigneur, en couchant en joue Février.

Mais, celui-ci releva le canon du fusil, et le coup partit en l’air.

— Pour le coup, dit-il alors, vous voilà fâché, maître ?

— Oui, cria-t-il, fou de colère, je suis fâché, et tu me le paieras !...

— Non, maître, c’est vous qui paierez, car vous savez nos conditions, et il faut payer, quand on a perdu.

Hélas ! le seigneur dut, en effet, se laisser en-