Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/272

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Alors, le jeune seigneur fit appeler la gardeuse de pourceaux :

— Il faut, Mademoiselle, lui dit-il, que vous me disiez, à présent, la vérité et avouiez qui vous êtes, car je sais que vous êtes autre chose que ce que vous paraissez.

— Qui je suis ? répondit-elle, une pauvre fille sans père ni mère, ni aucun soutien au monde, et qui a été bien heureuse d’avoir été prise, dans votre maison, pour garder les pourceaux.

— A quoi bon dissimuler, plus longtemps ? Vous êtes la fille du roi d’Espagne, et je sais pourquoi vous avez quitté le palais de votre père.

— Qui donc vous l’a dit ?

— Vous-même.

— Moi ?... Quand donc et où ?

— Dans la maison de la fermière, car c’est moi qui étais la prétendue malade couchée dans l’obscurité, sous l’escalier.

— Est-ce vrai, mon Dieu ?

— C’est parfaitement vrai, comme je désire vous avoir pour femme, et non une autre.

On écrivit au roi d’Espagne, qui se hâta de venir, et on célébra le mariage, et il y eut des fêtes et des festins magnifiques.

J’étais là moi-même, comme tournebroche ; mais comme je trempais mon doigt dans toutes