Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/294

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bien étonné d’y trouver un bel enfant, avec une étoile d’or au milieu du front.

— Loué soit Dieu, dit-il, qui m’envoie un si bel enfant, à moi qui n’en ai point !

Et il le porta à sa femme, et celle-ci le reçut avec une grande joie et prit plaisir à l’élever, comme si ç’avait été son propre enfant.

Un an après, la princesse donna le jour à un second fils, ayant aussi une étoile d’or au front, comme le premier. La sage-femme perfide lui substitua encore un petit chien, et le pauvre enfant fut aussi exposé dans un panier sur l’eau, comme son frère.

Le roi (le prince était devenu roi, son père étant mort) demanda à voir son enfant nouveau-né.

— Ah ! encore un chien ! s’écria-t-il, dès qu’il le vit, et il détourna la tête, et se mit à pleurer. Mais, puisque c’est la volonté de Dieu ! reprit-il ; ce que Dieu fait est bien fait.

Le jardinier, qui était à pêcher à la ligne, dans son jardin, vit encore un panier qui descendait la rivière. Il le recueillit, comme l’autre, et accourut apporter à sa femme le bel enfant qu’il y trouva. Celle-ci l’accueillit encore avec joie, en disant :

— A merveille ! Nous en aurons à présent chacun un, vous et moi !