Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/322

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— La servante et Attrape-Tout se sont assis, pour causer, auprès de la fontaine, puis Attrape-Tout s’est endormi, et je l’entends ronfler.

— Vite, Bon-Œil, regarde un peu du côté de la fontaine, et dis-nous ce qui s’y passe.

Bon-Œil regarda du côté de la fontaine, et dit :

— Je vois Attrape-Tout qui dort, près de la fontaine, avec la carcasse d’une tête de cheval sous la tète, en guise d’oreiller ; je vois aussi la servante qui revient, en toute hâte, avec ses trois pichets pleins.

— Prends ton arc, lui dit Luduenn, et, d’un coup de flèche, chasse la tête de cheval qui est sous la tête d’Attrape-Tout, afin de le réveiller ; et vise bien, et prends garde de le tuer.

Et Bon-Œil, le bon tireur, prit son arc, visa et chassa, avec sa flèche, la tête de cheval de dessous la tête d’Attrape-Tout. Celui-ci se réveille du coup, saisit ses pichets pleins et part, avec une telle vitesse, qu’il arriva encore avant la servante, au grand étonnement du roi et de ses courtisans.

— J’ai encore gagné, sire, dit Luduenn au roi, et je réclame le prix de la victoire, la main de la princesse, votre fille.

— C’est juste, répondit le roi, et, comme j’aime mieux t’avoir pour ami que pour ennemi,