Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/334

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devineur, qui connaissait le péril de leur situation, cria bientôt :

— Allons, frères, remettons, vite, à la voile. Le serpent se réveillera avec le soleil, et quand il s’apercevra que la Princesse a quitté son château, il se mettra aussitôt à sa poursuite. En route donc, car nous avons déjà perdu un temps précieux.

Et l’on partit, sans autre délai.

Quand le soleil se leva, au matin, le serpent, qui ne se doutait de rien, se rendit, comme d’habitude, à la chambre de la Princesse. Quand il vit qu’elle avait disparu, il poussa un cri épouvantable et partit aussitôt à sa poursuite.

Cependant, nos navigateurs avançaient, poussés par un vent favorable. Le ciel était clair et le soleil montait, radieux, à l’horizon. Tout à coup le ciel s’obscurcit.

— C’est le serpent qui arrive ! s’écria le devineur.

Et, levant les yeux en l’air, ils}purent, en effet, apercevoir le monstre, qui s’avançait rapidement sur eux.

— A toi, tireur ! cria alors le devineur ; prends ton arc et tes flèches, et, quand le monstre sera au-dessus du bâtiment, tu apercevras dans son corps, à l’endroit du cœur, un petit point blanc et rond comme un bouton. Il faudra l’atteindre juste en cet endroit, ou nous sommes perdus !