Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/336

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Le vieillard fut heureux de les revoir tous en vie et en bonne santé, et de plus, ayant chacun un métier dont il pouvait vivre, et il ne les appela plus paresseux.

Les six frères étaient amoureux de la Princesse, et chacun d’eux prétendait avoir le plus de droits à obtenir sa main. Comme ils ne pouvaient s’entendre à ce sujet, ils convinrent de s’en rapporter au jugement de leur père. Chacun d’eux exposa donc ses raisons et ses prétendus droits au vieux seigneur, assis sur un fauteuil, comme un juge sur son tribunal, et ayant à côté de lui la Princesse.

L’aîné, le grimpeur, parla d’abord et dit :

— C’est moi, qui, au péril de ma vie, ai enlevé la Princesse du château où le monstre la retenait captive.

— C’est moi, dit le constructeur de bâtiments, qui ai construit le bâtiment qui vous a conduits à l’île et vous en a ensuite ramenés.

— Et c’est moi, dit le soudeur, qui ai soudé et refait le bâtiment, rompu et partagé en deux par la chute du monstre, et, sans moi, vous étiez tous perdus.

— Et qui est-ce qui a tué le monstre, si ce n’est moi ? dit le tireur.

— Et la Princesse, qui est-ce qui l’a ressuscitée ? N’est-ce pas moi ? dit le joueur de violon ;