Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/371

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Voici le voleur du trésor du roi !... Tout le monde accourait sur le seuil des maisons, et une grande foule suivait le corps sans tête, et personne ne pouvait dire qui il était. Quand on passa devant la maison de Efflam, il était aussi sur le seuil de sa porte, avec sa sœur à côté de lui. Mais Hénori, ne pouvant supporter ce spectacle, poussa un cri et se retira dans la maison. Efflam la suivit, et, tirant son poignard, il lui fit une blessure à la main. Deux soldats se présentèrent aussitôt et dirent :

— Nous avons entendu pousser des cris de douleur, dans cette maison.

— Oui, leur dit Efflam, c’est ma sœur qui, s’étant blessée avec mon poignard, crie ainsi : voyez comme elle saigne !...

Et, en effet, la jeune fille saignait et criait toujours. Les soldats se retirèrent là-dessus.

Ce stratagème n’ayant pas réussi au roi, il s’avisa d’autre chose. Il fit suspendre le corps du voleur à un clou fiché dans le mur de son palais, et poster des gardes aux aguets, dans le voisinage, persuadé que, la nuit venue, les parents ou les amis du voleur essaieraient d’enlever son corps.

Quand Efflam vit cela, il se déguisa en marchand de vin, chargea un âne d’outres de vin mélangé d’un narcotique et s’en alla passer avec lui,