Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/373

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n’y voyant pas clair. Le premier d’entre eux qui s’aperçut du singulier travestissement de l’abbé en resta d’abord tout interdit. Il se frotta les yeux, croyant avoir mal vu. Mais comme il continuait de voir devant lui un soldat et non un moine, il poussa son voisin du coude, en lui disant :

— Voyez donc notre abbé, comme il est accoutré ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

Grand étonnement du voisin, à son tour. Mais, en portant leurs regards sur les voisins de droite et de gauche de l’abbé, ils les voient également travestis en soldats, puis toute la rangée de moines qui leur font face, de l’autre côté du chœur ; enfin, en se regardant eux-mêmes, ils reconnaissent qu’ils sont tous habillés en soldats. Qu’est-ce à dire ? C’est sans doute un tour de l’esprit malin ! Et les chants et les prières cessent, et l’on essaie de pénétrer ce mystère...

Cependant, quand le capitaine vint, le matin, visiter les soldats préposés à la garde du corps du voleur, il fut aussi fort étonné de les trouver tous profondément endormis et travestis en moines. Mais, ce qui était pis encore, c’est que le corps du voleur avait disparu. Il entra dans une grande colère, jura, tempêta et réveilla les soldats, à coups de pied.

Le bruit se répandit promptement dans la ville que le corps du voleur du trésor du roi avait été