Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/396

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


agitant sa queue, le mit dans la marmite bouillante et plaça le couvercle dessus. Puis elle mit encore du bois au feu, tailla la soupe dans les écuelles de bois et balaya la maison.

A midi, la veuve arriva de la messe, accompagnée de Jean Kerboule’h.

— Le diner est-il prêt ? demanda-t-elle aussitôt.

— Oui, tout est prêt, répondit Jeanne.

— Vous avez mis tout ce qu’il fallait (Péadra) dans la marmite.

— J’ai mis Péadra dans la marmite.

— Voyons si votre soupe est bonne.

Et chacun des trois prit son écuelle et la vida lestement : la soupe fut trouvée excellente.

La vieille s’occupa alors de retirer elle-même la viande de la marmite.

— Jésus ! s’écria-t-elle, en trouvant le chien dans la marmite, qu’est-ce que cela ?

— Eh bien ! ma mère, c’est Péadra, que vous m’aviez bien recommandé de mettre dans la marmite.

Péadra ? mon pauvre petit chien ?

— Certainement ; ne me l’aviez-vous pas dit ?...

— Comment, malheureuse, sotte, imbécile, tête éventée !... Je t’ai dit de mettre dans la marmite tout ce qui était nécessaire pour faire de bon bouillon, c’est-à-dire du sel, du poivre,