Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/417

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là, se mit à appeler au secours. On fut bien étonné d’entendre cette voix plaintive sortant on ne savait d’où.

— Qu’est-ce ? demanda la fermière ; qui est là ?

— C’est moi, ma pauvre marraine ; retirez-moi vite d’ici.

La fermière était en effet la marraine de la servante.

— Jésus mon Dieu ! mais, où êtes-vous donc ?

— Ici, dans le sac de Pierre-le-Niais.

La fermière dénoua le sac et la servante en sortit. Puis, elle raconta par suite de quelle aventure étrange elle se trouvait dans cette situation. Mais, il fallait, à présent, trouver un moyen de tromper l’idiot, qui pouvait se porter à quelque violence, s’il s’apercevait qu’on lui avait dérobé sa proie. Il y avait là, dans un coin, une chienne avec ses petits, et on les mit dans le sac.

Le lendemain matin, Pierre, ayant déjeuné, chargea son sac sur son épaule, sans s’apercevoir de rien, et partit. La chienne et ses petits se démenaient dans le sac, et Pierre, croyant toujours tenir la servante, disait :

— Ne remue pas tant, là-dedans, ou je vais te jeter dans l’étang.

Il passait en ce moment sur la chaussée d’un étang.