Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/424

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homme prit une motte de terre gazonnée, et la lui jeta à l’endroit : — Peg-Azé ! colle-là ! dit Jean ! et la motte s’y colla.

Une vache vint à passer, allant aux champs, et se mit à paître l’herbe de la motte : — Peg-Azé ! dit encore Jean, et la vache adhéra aussi à la motte.

Un taureau sauta sur la vache : — Peg-Azé ! dit Jean, et il adhéra aussi et suivit les autres.

Comme ils passaient devant le four d’un boulanger, le fournier courut après eux, avec son long balai, et en frappa le taureau : — Peg-Azé ! dit Jean, et le balai et le fournier adhérèrent et suivirent aussi.

La femme du fournier courut après son mari, essaya de le ramener, en tirant sur le pan de son habit, et adhéra aussi. Et voilà le Wignavaou fait.

Jean précédait, en criant :

— Voilà le Wignavaou ! Venez voir ie Wignavaou !

Et l’on accourait en foule, et l’on criait et l’on riait à gorge déployée.

Jean conduisit son Wignavaou dans la cour du seigneur. C’était le jour du grand dîner, et l’on était à table. Il cria :

— Voilà le Wignavaou qui arrive. Venez voir, messeigneurs et dames ! rien de plus curieux ; venez voir le Wignavaou !...