Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/55

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Le lendemain, il revint au palais, avec son panier rempli d’ortie. Il se fit conduire auprès de la fille de chambre et demanda qu’on le laissât seul avec elle. Bientôt on entendit des gémissements et des cris. Le traitement commençait. Le médecin la fouetta avec de l’ortie, pendant une demi-heure, puis il s’en alla, en disant qu’il reviendrait le lendemain, pour la continuation du traitement.

Il revint, en effet, comme il l’avait dit, et bientôt tout le palais retentit de cris : — Assez !... Grâce !... Vous me tuerez !...

C’était la continuation du traitement de la femme de chambre, et le médecin cinglait à tour de bras le corps nu de sa malade.

Quand il l’eut assez battue, il lui présenta une pomme en disant :

— Mangez cette pomme.

Elle détourna la tête, avec horreur.

— Mangez, vous dis-je, reprit-il ; c’est indispensable.

Elle prit la pomme, y mordit en tremblant, et sentit aussitôt ses cornes diminuer ; quand elle finit de la manger, les cornes avaient complètement disparu.

Le médecin s’en alla alors, bien que le roi et la reine insistassent pour qu’il commençât immédiatement le traitement de la princesse.