Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/70

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sent, dans mon estomac. Mais, depuis qu’il ne trouve plus ses cent écus, chaque matin, sous son oreiller, mon mari est devenu si méchant, que personne ne peut le supporter, dans le palais ; il ressemble à un démon enragé.

— C’est bien ; prends cette baguette, et, quand tu seras de retour chez toi, dis : « Par la vertu de ma baguette, je désire que mon mari soit transporté à cinq cents lieues d’ici, dans une île, au milieu de la mer ! » Et ce sera fait, sur-le-champ.

La princesse revint à la maison, avec sa baguette. Quand elle arriva, son mari faisait le diable, pis que jamais. Elle attendit qu’il fût dans son lit et qu’il dormît. Alors, elle s’approcha de lui, tenant sa baguette à la main, et dit :

— Par la vertu de ma baguette, je désire que mon mari soit transporté à cinq cents lieues d’ici, dans une île déserte, au milieu de la mer !

Et aussitôt, il fut enlevé de là et porté, à travers l’air, dans une île, au milieu de la mer. Il dormait, pendant le trajet, qui ne dura pas longtemps, du reste. Quand il se réveilla, il fut bien étonné.

— Où diable suis-je ici ? s’écria-t-il ; ah ! sorcière maudite (c’est de sa femme qu’il parlait ainsi), tu m’as joué un mauvais tour ; mais, n’importe, je te retrouverai encore !