Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


elle fut changée en jument ! Et la voilà de hennir, de ruer, et de parcourir, au grand galop, les rues de la ville, comme une bête affolée. Tout le monde fuyait, épouvanté, et personne n’osait essayer de l’arrêter.

— Donnez-moi une bride, dit le marchand de cerises, je saurai bien en venir à bout, moi !

On lui donne une bride, il la lui met facilement en tête, puis il lui monte sur le dos, et lui fait parcourir la ville, au galop. Avec un bâton, qu’il avait à la main, il battait la bête, sans pitié, si bien que tout le monde disait, sur son passage :

— La pauvre bête ! il finira par la tuer ! Enfin, il courut et maltraita la jument, tant et tant, qu’elle s’abattit sur le pavé, n’en pouvant plus. Alors, il tira son couteau, et lui ouvrit l’estomac. Il y retrouva le cœur de l’oiseau à l’œuf d’or, et l’avala sur-le-champ.

Il revint aussitôt dans son pays. A présent, il avait encore de l’or, à discrétion ; tous les matins, il trouvait, comme devant, ses cent écus sous son oreiller.

En passant par le bourg de Plounevez-Moëdec, il entra dans une auberge, et, comme le cidre y était bon, il en but avec excès. Il y avait là des maquignons, qui revenaient d’une foire de Bré, et on se prit de querelle, et on en vint bientôt aux coups de poing. François fut battu, volé et jeté