Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/90

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où on l’attendait le moins, et frappa à la porte : Toc ! toc !

— Qui est là ? demanda Yvona.

— Eh bien ! c’est moi, parbleu !

— Qui çà ? Moi n’est pas un nom.

— Mais tu sais bien, Iann, ton bon ami.

— Malheureux ! tu as donc quitté ton poste ? Retournes-y vite, ou tu seras fusillé, demain ; tu sais que ton capitaine ne plaisante pas là-dessus.

— Je me suis fait remplacer par mon ami Iouenn Dagorn ; ouvre-moi, vite, te dis-je, et ne me laisse pas me morfondre ainsi, à ta porte.

— Je ne t’ouvrirai pas, retourne à ton poste, Iann, impatienté, enfonça la porte, d’un coup de pied, et entra. Jugez de son étonnement, quand il se trouva devant son capitaine ! Ils dégainèrent tous les deux et se précipitèrent l’un sur l’autre. Le capitaine fut bientôt étendu à terre, baigné dans son sang. Iann lui coupa la tête et la jeta sur le pavé ; puis, il battit de conséquence sa douce jolie, et retourna vers son ami Iouenn et lui raconta tout.

— Malheureux ! lui dit Iouenn, ton affaire est claire ; tuer son capitaine ! Demain, sans plus tarder, tu seras fusillé.

— Et tu crois que je vais leur donner cette satisfaction ?

— Que vas-tu donc faire ?