Page:Luzel - Gwerziou Breiz-Izel vol 1 1868.djvu/59

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   — Vous seriez assez à mon gré,
Si vos yeux avaient des blancs ;

   Vos yeux n’ont pas de blancs,
Et vos pieds ressemblent à ceux des chevaux ! —

IV

   Monsieur le curé demanda
Au jeune homme, quand il le vit :

   — Que cherches-tu autour de ma maison ?
Moi je ne vais jamais à la tienne. —

   — Je suis d’un pays qui est bien loin d’ici,
Et tous mes frères me ressemblent ;

   Je suis d’un pays qui est bien loin d’ici,
En mon nom est fils de Lucifer. —

   Monsieur le curé demandait
A Jeanne Le Guern, en ce moment :

   — Jeanne Le Guern, dites-moi.
Quel est le péché que vous avez nié ? —

   — Je n’ai nié aucun péché,
Mais j’ai été fiancée sept fois ;

   J’ai été fiancée sept fois,
Sans jamais tenir ma parole ;

   Sans passer contrat avec aucun,
Mais cette fois, hélas ! il faudra le faire ! —
. . . . . . . . . . . . . . .

V

   Quand Jeanne descend dans le bas de l’église,
Elle est belle comme la fleur de lys ;

   Quand elle monte vers l’autel,
Elle devient noire comme Lucifer !
. . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . .

VI

. . . . . . . . . . . . . . .
   — Le banquet a été assez beau,
Mais la jeune mariée est perdue ! —

   La Vipère disait
Aux sonneurs de la noce, en ce moment :

   — Si vous voulez voir Jeanne Le Guern,
Venez avec moi au fond de l’enfer ! —